FÉVRIER 2012
Morts pour la France : la spécificité locale
Lors de son discours annuel du 11 Novembre, le Président de la République Nicolas Sarkozy proposa d'inscrire sur les monuments aux morts de France la mention "Morts pour la France" . Nous sommes intervenus auprès de notre député-maire André Wojciechowski afin que soit prise en compte la spécificité mosellane et alsacienne. Ce qu'il fit. Voici, par la voix de son président, la réponse de la SHPN parue au Républicain Lorrain du 28 janvier.
Pascal Flaus, président de la Société d'histoire du Pays naborien, réagit à l'article intitulé "Il n'existe pas deux catégories de victimes combattantes" paru dans notre édition du 17 Janvier. Il exprime au nom de toute sa société, « sa grande satisfaction » quant à l'intervention du député-maire André Wojciechowski â l'Assemblée nationale au sujet de la décision prise par le gouvernement, d'obliger les maires de France à inscrire sur les monuments aux morts de France la mention "Mort pour la France" et en insistant sur la spécificité alsacienne-lorraine.
M. Flaus précise que « les 30 000 Alsaciens-Lorrains morts en 14-18 l'ont été en servant l'empire allemand et en combattant pour une bonne moitié d'entre eux les troupes françaises sur le front ouest. L’immense majorité des soldats est restée fidèle à la cause impériale. On estime à peine à 1000 le nombre de ceux qui ont déserté pour passer à la France. En 14-18 ces soldats sont allemands depuis le traité de droit international signé à Francfort le 10 mai 1871 et qui fut ratifié à une écrasante majorité par les députés français qui entérinèrent la cession définitive de l'Alsace-Lorraine au Ile Reich. La situation juridique de ces combattants est complexe. Les derniers rescapés alsaciens-lorrains de 14-18 n’ont jamais été reconnus par la République française puisqu'aucun des derniers survivants n'a été
décoré de la Légion d'honneur au moment où le président Chirac avait décidé, à la fin des années 90, d'attribuer cette distinction à la poignée de combattants français de 14-18 survivants et derniers témoins de cette horrible boucherie ».
Au moment où l'axe franco-allemand parait essentiel dans la maitrise des problèmes financiers et économiques européens, Pascal Flaus s'étonne « de telles lois qui font fi de l'histoire de l'Alsace-Lorraine, de ses spécificités en tant que lieu de rencontres et de symbiose des cultures allemande et française et de ses souffrances. La non-reconnaissance de ces combattants en omettant de les inscrire sur les monuments aux morts ou en les affublant d'une inscription " Morts pour la France " serait une injure à leur mémoire, à leur histoire et à celle de toutes les familles d'Alsace-Lorraine ».
Le président de la SHPN rejoint l'idée émise par le parlementaire d'inscrire sur les monuments aux morts en Alsace-Lorrame l'inscription "À nos morts". Pour l'historien « cette inscription honore sans distinction de nationalités tous les combattants tombés durant les conflits mondiaux mais aussi les nombreuses victimes civiles de la Deuxième Guerre mondiale ».
La conférence prévue le 24 février a dû être annulée.
Prochaine conférence : vendredi 23 mars à Saint-Avold
Jean-François THULL :
Le lotharingisme et le mouvement régionaliste en Lorraine au XIXe siècle.

Remise le 28 janvier par Pascal Flaus, président de la SHPN, accompagné d'une petite délégation du Bureau de notre association,
de livres, revues et Cahiers du Pays Naborien
à Monsieur Edmondo Bianchini, responsable de la Fédération Pro Europa Christiana, au domaine de la Clairière à Creutzwald.
Cette fédération envisage de créer une bibliothèque d'histoire lorraine consultable par les très nombreux étudiants stagiaires de passage dans sa structure de Creutzwald. La SHPN soutient toute initiative visant à promouvoir l'histoire lorraine y compris vers des publics extérieurs. Celle-ci mérite d'être connue du plus grand nombre. Au cours d'une petite cérémonie, Monsieur Bianchini remercia très chaleureusement Pascal Flaus et la délégation qui l'accompagnait. Les deux présidents insistèrent sur l'intérêt d'une bonne connaissance de l'histoire locale par les publics et surtout par les plus jeunes souvent en quête de repères.


LES LIVRES À SAINT-AVOLD
AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
Au début du XVIIIe siècle, Saint-Avold compte 825 habitants. Ce n'est alors qu'un gros bourg enfermé dans ses vieilles murailles, qui n'a pas encore surmonté, ni sur le plan économique, ni sur le plan démographique les conséquences funestes de sa quasi destruction pendant la guerre de Trente ans. Trois quarts de siècle plus tard, à l'autre extrémité de la période qui nous intéresse, la ville a triplé sa population, rasé ses vieux remparts, comblé ses fossés et étendu son espace sur deux faubourgs : elle compte désormais 2 800 habitants. La prospérité retrouvée en moins de cinq décennies culmine au milieu du siècle.
Sur le plan culturel, Saint-Avold appartient à l'aire des parlers germaniques ; le dialecte local à consonance francique est la langue vernaculaire. Elle règne dans les familles autochtones, dans la rue, sur le marché et surtout à l'église. En effet à l'opposé des Réguliers des deux monastères de la ville où le français est de rigueur, le clergé séculier est viscéralement attaché à la langue germanique qui préside au catéchisme, à la prière et au prône dominical. Le français pourtant, à l'égal de l'allemand, est enseigné dans les écoles de la ville malgré un contexte défavorable, et progresse insensiblement au fur et à mesure que l'on avance dans le siècle.
La dualité linguistique, se manifeste aussi par la présence d'une minorité francophone, composée essentiellement par les élites administratives et financières, originaires pour le plus grand nombre de Lorraine romanophone, qui occupent les principaux offices et les charges dans l'administration.
Ce que nous savons de la lecture publique ou institutionnelle à Saint-Avold à la fin du XVIIIe siècle, tient en cette phrase prononcée par le Maire Nicolas Spinga devant l'assemblée municipale, le 26 janvier 1792 : « Il n'y a jamais eu à Saint-Avold, d'autres bibliothèques que celle des cy-devant Bénédictins et encore elle n 'a jamais été publique, quant aux cy-devant Bénédictines (elles) avaient quelques centaines de bouquins, qu'elles ne lisaient point elles-mêmes ».
C'est donc, pénétré de cette ambiance et de ce climat culturel et linguistique, que l'on essaiera de savoir qui, en ce siècle des Lumières, possédait des livres, isolés ou en collections, ou mieux encore des bibliothèques, dont Gilbert Cahen, a, dès 1981, signalé la trace dans les inventaires après décès.
Photos de classe (1930 -1950)
Une vingtaine de photos de classe datant de la période 1930 - 1950 figurent dans la Photothèque de la S.H.P.N. Des photos en noir et blanc, jaunies par le temps qui nous ont été prêtées et que nous avons numérisées avant de les rendre à leurs propriétaires.. Des clichés qui ressemblent à des cartes postales envoyées d'une autre époque. On y voit des écoliers qui fixent le photographe et sourient à l'avenir... Que sont-ils devenus ? Qu'ont-ils fait de leur vie ? Combien sont encore là ? Autant de questions que l'on peut se poser non sans une certaine émotion.
Pour voir ces photos, il suffit de cliquer ICI. Certains se reconnaîtront. D'autres reconnaîtront un parent ou un ami.
Aidez-nous à mettre un nom sur ces visages et sauvez-les ainsi de l'oubli.
Écrivez-nous en précisant bien le numéro de la photo ou passez nous voir lors des permanences !

La classe de M. BIchel en 1932
Archives Municipales
de la ville de Saint-Avold
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