COUTUMES ET TRADITIONS - 1.

La couronne de l'Avent

L''Avent est cette période des quatre semaines qui précèdent la fête de Noël. Dès la mi-novembre, de nombreuses familles confectionnent elle-mêmes ou achètent une "couronne de l'Avent". Elle est faite de branchages de pin, de sapin ou de houx, arbres toujours verts, pour signifier la vie. La couronne est un ancien symbole aux significations multiples. Les couronnes rondes évoquent  le soleil et annoncent son retour. La couronne est un cercle qui rappelle que le temps des fêtes nous revient à chaque année. Il symbolise aussi que Jésus va revenir, que l'Avent n'est donc pas seulement l'attente avant Noël, mais aussi bien l'attente du Retour du Christ. La couronne est ornée de quatre bougies représentant les quatre dimanches avant Noël. Chaque dimanche de l'Avent, on en allume une de plus. Plus la fête approche, plus il y a de lumière. Les quatre bougies allumées sont le symbole de la lumière de Noël qui approche et qui apporte l'espoir et la paix.  

Cette tradition nous vient d'Allemagne du Nord. Il semble que la couronne de l'Avent ait été inventée par Johann Heinrich Wircken (1808-1881), théologien et éducateur à Hambourg. Elle voit le jour en 1839 et se propage tout d'abord dans les zones protestantes avant d'être reprise par les catholiques de l'Allemagne du Sud. Elle apparaît en Lorraine après la Seconde Guerre mondiale.


Noël autrefois et aujourd'hui

De toutes les fêtes chrétiennes, c'est celle de la Nativité qui, depuis des siècles, recueille le plus l'assentiment populaire. Mais cette fête n'a jamais cessé d'évoluer au gré des réformes religieuses d'abord, luthérienne ou catholique puis des bouleversements économiques de l'ère moderne.

Autrefois, le 24 décembre était un jour de jeûne. On se rendait à la messe de minuit, un office long d'une heure et demie. En rentrant, on buvait un peu de vin chaud, on mangeait quelques fruits secs avant de se coucher. Le 25, le repas, familial et convivial, était, certes, un peu' plus copieux que d' habitude. On mangeait les morceaux nobles du cochon tué en novembre, puis quelques gâteaux de Noël, les fameux « spritz ». Mais cela restait très sobre. La bûche était en revanche déjà entrée dans les foyers. Mais pas le dessert. C’était la bûche, en bois de valeur, qu'on brûle dans l'âtre. Elle était décorée, allumée puis bénite. Ses cendres, symboles de fécondité, étaient récupérées puis répandues dans les étables pour protéger le bétail.

Dans les campagnes du pays naborien, la nuit de Noël, les paysans lâchaient leur troupeau de vaches dans le village. On donnait du foin vers 23 h avant de libérer les bêtes. Cette pratique visait à protéger les troupeaux du mauvais esprit. Une autre habitude de la vie paysanne d'autrefois consistait à couper un oignon en douze parts représentant les mois de l'année à venir. Les lamelles humides annonçaient les mois de pluie.

D'abord accaparé par la bourgeoisie, le sapin de Noël se démocratise à la fin du XIXe siècle. Il apparaît vers 1890 à Saint-Avold.

Vêtue de blanc


Jusqu'au milieu du XXe siècle, les cadeaux de Noël étaient peu nombreux. Il y en avait un par enfant ayant été sage. Parfois, ce n’était qu’une orange ou une figurine en pain d’épice. En Moselle germanophone, c'est « Christkindschen » , l'enfant Jésus qui apportait le présent. Bizarrement, c'était une femme ou une jeune fille toute vêtue de blanc. Autour de Saint-Avold, les grands-mères jouaient souvent ce rôle. Ce passage de « Christkindschen » est resté vivace dans notre région. Aujourd'hui, on en parle encore mais il y a parfois confusion, volontaire ou non; avec le Père Noël. Le Père Noël justement est le dernier arrivé sur la scène des traditions liées à cette période de l'année et il a tout emporté sur son passage.

D’où vient le Père Noël ?


Le Père Noël est né aux Etats-Unis. En fait, voilà un cousin pas si éloigné de notre Saint Nicolas. Les Hollandais partis fonder New Amsterdam de l'autre côté de l’Atlantique avaient emmené ce patron des enfants dans leurs bagages. Il s’appelait Sinter Klaas. Puis New Amsterdam, reprise par les Anglais, est devenue New York. Le 23 décembre 1823, un journal de la ville publie un poème de Clement Clarke Moore, un professeur de théologie. Le texte est intitulé « A visit from St-Nicholas ». La belle histoire est reprise par la presse populaire américaine qui, progressivement, fait évoluer le personnage en un lutin joyeux qui descend dans les cheminées et voyage dans les airs sur une carriole tirée par huit rennes. Le dessinateur Thomas Nast l'immortalise et l'imagine venant du pôle Nord. Au fil des récits, ce distributeur de cadeaux n’est plus moralisateur. Son trait de caractère principal est la générosité. D'ailleurs, il n’est plus accompagné d’un Père Fouettard. Ses attributs religieux disparus, il devient Santa Claus, un nom proche du Saint Nicolas originel. Santa Claus campe un personnage rêvé pour la société de consommation naissante. Plus tard, dans les années 1950, Coca Cola diffusera à l’échelle planétaire ce personnage de Père Noël à la longue barbe blanche habillé de rouge, la couleur de la célèbre marque.

Les écoliers rencontrent le Père Noël en forêt d'Oderfang (photo : Républicain Lorrain)
Ces dernières années, le Père Noël arrive régulièrement en traîneau tiré par des huskies sibériens pour la plus grande joie des enfants de Saint-Avold et de Longeville rassemblés près du sapin décoré par le Club Vosgien.


Les marchés de Noël


Les marchés de Noël existent depuis le Moyen Âge. On évoque les marchés de Francfort dès 1393, Dresde en 1434, Strasbourg en 1570. Ils se développent en Sarre après la Seconde guerre mondiale. Le mouvement est encore plus récent en Lorraine. À Saint-Avold existait, à partir de 1922, une foire de la Saint-Nicolas qui se tenait le lundi suivant le jour de la Saint-Nicolas. L’objectif était de permettre aux bourgeois des villes d’acheter des produits diversifiés. Progressivement, ces marchés se sont transformés afin de proposer des articles propres à Noël (boules, guirlandes, vin chaud). Véritables mannes, ces marchés sont sources d’affaires non négligeables pour les marchands ambulants. Aujourd’hui, il existe des marchés de Noël aux U.S.A. et même en Chine. Mais les marchés actuels ressemblent de plus en plus à des braderies.


L'Épiphanie

Longtemps, le 6 janvier (Épiphanie) fut plus important que le jour de Noël. En France, puisque ce jour n'est pas férié, cette fête est souvent reportée au dimanche suivant ou anticipée au dimanche précédent.

Comme beaucoup de fêtes chrétiennes, la date de l'Epiphanie correspond à l'origine à une fête païenne. Autrefois, les Romains fêtaient à cette époque de l'année les Saturnales. Dans l'Église latine, cette fête célèbre la visite de l'enfant Jésus par les mages, relatée dans l'Évangile selon Matthieu. Chez les orthodoxes, la fête commémore le baptême du Christ dans le Jourdain et constitue le début de l'année.

Depuis le XIVe siècle, on mange la galette des Rois à l'occasion de cette fête. La tradition veut que l'on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre », était destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.

Autrefois, dans les campagnes lorraines, l'Épiphanie marquait la sortie du temps de Noël et d'une certaine léthargie. On profitait de cette période pour nettoyer les écuries et purifier les étables avec l'eau bénite. Dans le calendrier rural, l'Épiphanie marquait le vrai début de l'année plus que le traditionnel Nouvel An. Ce n'est d'ailleurs qu'à partir de 1691 que le pape Innocent XII imposa uniformément le 1er janvier dans toute la chrétienté.

Dans les villages, des enfants déguisés en Mages passaient de maison en maison pour recevoir des friandises ou quelques pièces de monnaie.. En échange, les habitations étaient bénites et on y inscrivait les lettres C.M.B. "Christus mansionem benedicat" ("Christ bénit cette maison").

Dans les années 1580-1590, la veille de l'Épiphanie le 5 janvier était un jour bien particulier à Saint-Avold. Le maire et son conseil municipal faisaient la tournée des tavernes de la ville. Ce jour-là encore, le maire, au gré de ses pérégrinations, choisissait le vin de l'année qui était rouge ou blanc. Ensuite on assistait à une grande fête qui se déroulait dans la halle de l'ancien Hôtel de Ville. À cette occasion, le vin choisi par le maire était distribué aux corporations de marchands.

Au Moyen Âge, le mois de janvier était un mois important puisque, le 20, on procédait à l'élection du maire de Saint-Avold ... et au prélèvement de l'impôt municipal. Après la pause du temps de Noël, l'activité reprenait pour une nouvelle année.

Illustration : "L'adoration des Rois Mages", vitrail réalisé par l'artiste naborien Jean-Marie Walaster pour l'église de Tenteling.


Le carnaval

Comme tant d’autres fêtes, le carnaval est une récupération par le christianisme de très anciens cultes dont les Lupercales romaines et les Saturnales. les Romains se déguisaient, portaient des masques pour chasser les mauvais esprits de l'hiver et s'attirer les bonnes grâces des dieux censés favoriser les récoltes au printemps.


À l'avènement du christianisme, vers 310 – 320, les Chrétiens doivent jeûner. Le carême se met progressivement en place et carnaval symbolise la dernière période de fête avant l'abstinence et le jeûne. On a le droit de manger de la viande, de boire, de se laisser aller. Les masques remettent en cause l'ordre établi. Le masque grimaçant représente le mauvais esprit. Derrière lui, le pauvre est riche, le riche est pauvre. On renverse les rôles sociaux.

À Saint-Avold, on trouve trace du carnaval à la fin du Moyen Âge. En 1580, il est dit dans le Coutumier de Saint-Avold, le Stadtrecht, que le maire et son conseil adjugent des danses à Mardi gras. Des groupes costumés sillonnent la ville, font une halte dans une vingtaine de tavernes. Ils écoutent les joueurs de flûtes et de cymbales. Les élus font la tournée des auberges naboriennes pour choisir le vin du Bon Soir, "Gute Nacht Wein", qui sera servi durant un an dans toutes les manifestations de la ville. À Mardi gras, ils se retrouvent dès potron-minet à la halle, près de l'église Saints-Pierre-et-Paul, avalent la "Morgen Suppe" et se mettent en route. Le soir est nommé celui à qui on adjuge les danses pour désigner Monsieur Carnaval.

La Révolution interdit les masques. Au XIXe siècle, des changements s'opèrent. Le carnaval est pris en charge par la bourgeoisie, les commerçants qui organisent après 1860 des bals masqués primés.

La chorale Concordia propose chaque année un bal masqué et cette habitude va fleurir dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec le développement des associations sportives et culturelles.

Quand la Lorraine devient allemande, après 1870, le carnaval prend une forme rhénane. Le premier club carnavalesque naborien: le "Fleurio" voit le jour le 5 janvier 1898. Dès sa création, il regroupe une centaine de membres. Cavalcades, couples princiers, conseils des Onze font leur apparition. Dans les journaux on publie des blagues, le programme des associations. En 1909, le "Rosenmontag", trente chars participent à la cavalcade. On distribue des friandises aux enfants et le Prince Carnaval fait un discours place de la Victoire. Mais très vite, la cavalcade est déplacée à Mardi gras.

Des "Kappensitzung" distraient le public salle Appolon. Les jeunes font du porte-à-porte pour quémander des beignets, pâtisseries symbolisant l'abondance avant le carême. La tradition perdure pendant l'entre-deux-guerres et après le Second conflit mondial. Mais dans les années 1950. pour des raisons liées à la circulation automobile, la cavalcade naborienne tombe aux oubliettes. En revanche, les bals sont maintenus dans les salles Union et Bataille. Dans les années 1970, les discothèques sonnent le glas des grandes salles. Les mentalités changent et le carnaval traverse une crise. Les carnavaliers vont s’amuser à Bambiderstroff et à Hombourg-Haut. Mais aujourd’hui, tel le Phénix, le carnaval renaît de ses cendres.


La "Une" de la "Gazette de Saint-Avold" du 17 février 1931 est consacrée aux festivités de Carnaval.


La mi-carême

La notion de la mi-carême remonte au XVe siècle à l'époque du pape Paul III qui fait organiser en Italie des défilés de chars carnavalesques. La mi-carême est une trêve consentie aux fidèles harassés par un long jeûne. La rigueur des privations est alors levée le temps d'un dimanche. À Paris, toujours au Moyen Âge, on élisait la reine des blanchisseuses dans le quartier de la porte Saint-Antoine; cela se traduisait par un cortège joyeux et tumultueux. Les étudiants rivalisaient d’ingéniosité pour élaborer des taquineries auprès des passants. Si en Occident la mi-carême était l'occasion de rompre le jeûne entre les deuxième et troisième dimanches du carême, en Orient c'est le point de départ d’une rigueur renforcée de l'abstinence.

Au XVIIIe siècle à Saint-Avold, la mi-carême donnait lieu à une coutume appelée "Fachenott" : les garçons célibataires criaient les prénoms des jeunes filles également célibataires avec lesquelles ils voulaient convoler. L'agitation et des débordements s'ensuivaient immanquablement.

Autrefois à Saint-Avold, et ce jusqu'à la Révolution française, se déroulait le dimanche de la mi-carême la foire de Lætare. C'était une foire libre pour laquelle les marchands ne payaient pas d'impôts. Les commerçants venaient de loin, voire de toute l'Europe. On vendait essentiellement des bovins et on y troquait des peaux, des cuirs et des tissus. Cette foire du Lætare se déroulait au centre-ville autour de l'église Saints-Pierre-et-Paul. Pour éviter les disparités et abus, le maître de la corporation des merciers faisait l'inspection des poids et mesures de tous les commerçants. De même, cette foire durait précisément du lever au coucher du soleil, sans dérogation, surveillée en cela par le sergent de ville. Après la Révolution, cette foire a perdu de son importance pour devenir bien plus tard une braderie telle qu'on la connaît de nos jours.

Le troisième dimanche de carême, le maire et la Justice vérifiaient le Banvin : il s'agissait de juger la quantité de vin vendue entre la Toussaint et la mi-carême en comptant les pots de vin encore remplis. Un tiers des revenus allait à la Ville, un tiers à l'évêque et un tiers au comte de Sarrebruck.


La Semaine Sainte

Précédant Pâques, fête la plus importante de la liturgie catholique, la Semaine Sainte est marquée par l'observation de différentes coutumes à Saint-Avold codifiées dans le Coutumier, ensemble de textes municipaux qui fixent le fonctionnement de la vie municipale.

La Semaine Sainte débute le dimanche des Rameaux. Vers 1590, les Naboriens se rendaient à l'église pour y faire bénir des branches de buis qui seront placées dans les maisons et les granges pour se protéger de la foudre; des mauvais esprits, des maladies. Cette tradition s’est maintenue jusqu’à nos jours.

La Ville désignait ce jour-là deux marchands de vin qui se déplaçaient dans toutes les tavernes et auberges pour prélever une certaine quantité de vin pour les offices du curé. Ils fournissaient aussi à la paroisse l'huile devant alimenter la lampe installée près du Saint Sacrement.

Le Mercredi Saint, les deux architectes de la Ville, responsables des remparts, rendaient des comptes au conseil municipal. En présence du bailli, ils étaient confirmés dans leur fonction ou deux autres étaient désignés. Il était de tradition d'organiser un repas dans une auberge, "Zum Goldenen Schwan", "Die drei Könige" par exemple.

Le Jeudi Saint était appelé "Grün Donnerstag". Ce jour· là, on mangeait des épinards. Mais la dénomination provient du terme allemand "Grienen" qui veut dire la souffrance de Jésus, la passion du Christ. À l'occasion du Vendredi Saint, jour de jeûne et d'abstinence, les Naboriens mangeaient du poisson d'eau douce provenant de l'étang d'Oderfang, propriété de l'abbaye bénédictine. La Ville organisait un repas pour les mendiants. Les portes de la ville étaient ouvertes et les pauvres, les personnes errant sur les chemins étaient accueillis. On rassemblait tout ce monde sous la halle où était servie la "Morgen Suppe " accompagnée de pain, de beurre et de poisson salé. On offrait un peu de vin et de bière. Le repas terminé, des policiers municipaux reconduisaient tous ces malheureux aux portes de la cité.

La Ville offrait aux marguillers, des personnes du conseil de fabrique qui secondaient le prêtre, une chopine de vin pour les remercier de laver les autels de la paroisse, incluant l'église des Saints Pierre et Paul et la chapelle Sainte Croix.

Le maire et son conseil inspectaient les boucheries naboriennes, vérifiaient les poids, taxaient la viande en fonction de l'évolution générale des prix. Les contrevenants étaient passibles de lourdes amendes versées à l'hôpital.

Lors de la Semaine Sainte, en signe de pénitence et de deuil, les cloches se taisent après le Gloria de la messe de la Sainte Cène, le jeudi, jusqu'au matin de Pâques où elles carillonnent joyeusement la résurrection du Christ. Le vendredi et le samedi, les enfants annonçaient les offices à l'aide des crécelles, une tradition encore très vivace dans le pays naborien.


Le chemin de croix : la Pietà et les cinq motifs - Chapelle Sainte-Croix (début du XVe siècle).


Mai : le mois de Marie


« À quelques minutes de Saint-Avoid, sur le flanc de la montagne de Valmont, s'élève un sanctuaire en l'honneur de la sainte Vierge; c'est l'un des pèlerinages les plus anciens et les plus fréquentés de la Lorraine. La Mère de Dieu y est invoquée sous le vocable de Notre-Dame de Bon-Secours; les pèlerins l'appellent aussi Notre-Dame des Trois-Montagnes, Notre-Dame des Sept-Collines, à cause des nombreuses collines environnantes.


On ne saurait indiquer l'origine précise de cette chapelle. Plusieurs légendes circulent parmi nous touchant cette origine. D'après une première version, un homme portait une statue de la Vierge, de Saint-Avold dans un village voisin. Arrivé à l'endroit où se trouve la chapelle actuelle, il s'arrêta un instant pour se reposer, mais quand il voulut de nouveau se mettre en route, la statue devint si pesante qu'il ne put pas même la soulever. Étonné, il appela quelques personnes qui travaillaient dans le voisinage; leurs efforts réunis ne purent la faire changer de place. À cette vue, on s’écria que la sainte Vierge voulait être honorée dans ce lieu, et l'on y érigea un sanctuaire en son honneur. Voici une autre version. Les Bénédictins possédaient la ferme de Furst entre Valmont et Folschviller. Les moines étaient donc obligés de faire assez souvent le chemin du couvent à la ferme. Un jour, un religieux aperçut une statue de la Vierge au milieu des broussailles à l’endroit où se trouve aujourd’hui la chapelle. Il la prit et la porta dans l’abbaye. Le lendemain, la statue avait disparu; on la retrouva bientôt au premier endroit. On la rapporta au couvent, mais elle revint de nouveau à la même place. En voyant ce prodige, les religieux bâtirent une chapelle et y placèrent la statue merveilleuse ».

Ainsi s’exprimait Philippe Bronder dans son "Histoire de Saint-Avold » parue en 1868.

Le culte de la Vierge à Saint-Avold remonte au Moyen Âge, époque à laquelle une chapelle, la "Valmerkapelle", lui est consacrée. C'était la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours dont l'histoire est mouvementée. Elle fut détruite pendant la Révolution française à l'exception de la statue de Notre-Dame, sauvée par une· Naborienne qui la récupéra dans la Rosselle où on l’avait jetée.

C’est le duc René Il qui introduisit le culte de Notre-Dame de Bon-Secours en Lorraine. Le 5 janvier 1477, il invoqua la Vierge et saint Nicolas et fut victorieux de Charles-le-Téméraire à Nancy. En souvenir de cette victoire, il fit édifier une chapelle en 1484 qu'il dédia à Notre-Dame de Bon-Secours. À partir du XVIe .siècle, ce culte se développa dans le reste de la Lorraine et à Saint-Avold. La Vierge étend son manteau et abrite une vingtaine de personnes de tous rangs. On retrouve ce type de Vierge à Holbach et Mouterhouse.

En 1806, les Naboriens reconstruisirent une deuxième chapelle qui accueillit les pèlerins. Aujourd'hui, il n'en subsiste que le chœur. Le pèlerinage à Notre-Dame de Bon-Secours prend de l'ampleur dans la deuxième moitié du XIXe siècle, grâce il Georges-Auguste Lemire, curé archiprêtre de Saint-Avold de 1880 à 1906. Il agrandit la chapelle existante bénie par Mgr Fleck, évêque de Metz, le 11 octobre 1890, en présence de plus de 5000 fidèles.

Ce pèlerinage devient régional et même international. Le chemin de fer se développe et les croyants viennent de toute la Lorraine et de Sarre. Son ampleur vaut à l'édifice d'être élevé par le Pape Pie XI au rang de basilique mineure le 31 août 1932. Le pèlerinage du 24 mai dure deux à trois jours. De 1945 à 1960, il est celui des enfants du diocèse. Par la suite, Italiens, Polonais s'y associent.

Des pèlerinages ont toujours lieu à la basilique, principalement au mois de mai même s’ils n’ont plus l’ampleur de ceux d’autrefois.


Photos :
Noir et blanc : pèlerins se rendant en procession de l’abbatiale à la basilique – Début XXe siècle.
Couleur : pèlerinage des fidèles sarrois le 18 mai 2010 (photo Républicain Lorrain - Bernard Mathis).



POUR PASSER À LA PAGE

COUTUMES ET TRADITIONS - 2

CLIQUER
ICI.